Chemin de croix, sans croix

16 Sep 2021 - 23 Oct 2021
Exposition personnelle
Vernissages
jeudi 16 septembre 2021
Chemin de croix, sans croix

La Galerie La Forest Divonne Paris est heureuse de présenter l’exposition de David Décamp  consacrée à son ensemble de bas reliefs en bétons, intitulée « Chemin de croix sans croix ,  du 16 septembre au 23 octobre.

Le regard de David Décamp s’est développé dans la forêt, où il a été élevé et a travaillé comme bûcheron-élagueur. La nature est au centre de l’œuvre qu’il construit depuis la fin des années 1990. Sa pratique artistique puise dans son expérience personnelle. En l’exorcisant, il lui donne une dimension universelle. Ses sculptures, ses dessins, ses installations, expriment avec violence et poésie le rapport empoisonné et parfois destructeur de l’Homme à son environnement.

Pour sa troisième exposition personnelle avec la galerie La Forest Divonne, Décamp présente une série de bas-reliefs réalisés en béton, une sorte de «chemin de croix, sans croix» où la figure du Christ, mêlée aux branchages enchevêtrés, incarne l’homme contemporain menacé lui-même par sa propre destruction de la nature. En son centre, une rosace intitulée «Le Flamboyant», réalisée aussi en béton avec moulages d’oiseaux et de branchages, complète cet ensemble, évoquant l’effondrement de la biodiversité.

Parmi les branches, les oiseaux sont pétrifiés, avec la main qui les attrape. David Décamp inscrit l’homme et la nature dans le béton, liant à jamais leurs destins.

« Ta dernière série de haut-reliefs nous parle de christs et de crucifixions mais de crucifixions excluant toute représentation de la croix…  La croix n’est ici évoquée que par son appartenance à sa matière intrinsèque : le bois. Et plus que jamais le bois est omniprésent dans ce travail en cours. La caractéristique orthogonale et rigide de cet instrument de supplice ainsi évacuée confère à l’homme-dieu une apesanteur bien réjouissante.  Il semble flotter dans les branches, il est l’esprit des arbres, le maître de la forêt. Parfois il repose à l’horizontale comme c’est le cas dans l’une des oeuvres de ce singulier chemin de croix sans croix.

«Le don de vivre a passé dans les fleurs» écrivait Valéry dans «le Cimetière Marin». J’ose paraphraser le grand homme en affirmant que pour tes christs le don de mourir a passé dans les branches.

L’animisme nous guette à l’orée de ces bois où le dieu de sang se diffuse dans la sève de ses innombrables ramifications.

C’est bien de rocaille dont il s’agit dans ce foisonnement végétal,  de rocaille à l’image de nos plus exubérants coquillages.  Pour ce faire, pour que la magie du baroque opère,  il t’a été nécessaire d’en passer par la terre, l’argile mère, celle qui capte au micron près l’empreinte de nos émotions primales. Dans ce creuset de terre, dans cette matrice où la moindre pression s’ inscrit en négatif tu as versé le ciment pâteux, coulée de lave qui vient pétrifier les branches mortes de notre inquiétude originelle.

Guillaume Treppoz, novembre 2019

 

Un catalogue d’exposition a été édité à cette occasion, vous pouvez le retrouver dans nos galeries et sur notre e-shop.